Au Coin du Fou

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CAUCHOIS julien

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Artiste amateur depuis 26 ans
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Le frénétique tic tac

Le


le temps m’accule puis me blesse

laisse un goût de bascule

où de tout mon poids

je pèse une tonne de doutes

et me rends souvent culpabilisant

d’être vivant

-mais n’écoute pas les médisants

et véhicule

ta peine et ton orgueil- me dit Mehdi

et tiens finis la bouteille

 

rappelle-toi

 

juste cueilli au pied de tes grand-mères

le fruit de leurs ébats

la petite le petit

qui vient grossir l’arbre

d’un futur manège à six têtes

le Papy la Mamie la Mamée le Papé

et eux tes parents

déjà usés par le frénétique tic tac

d’une horloge industrielle

ou bien six pieds sous terre

comme ces grand-parents

des temps cahin-caha

s’abstiennent à la vie

en fin de course

mécanique du remontoir en dortoir

et échappement garanti

et tout ça pour ça

 

toi

 

il crie l’enfant

toi qui

prends ton souffle et quitte la mère

quand le cordon cette artère

part aux invendus

après l’innommable douleur

d’une femme qui accouche

pour gonfler les rangs

d’une terre surpeuplée

et encore plus déréglée

 

il fallait l’oser

ce concept

 

les secondes poussent les minutes qui tuent les heures

et c’est comme ça jusqu’à la dernière pièce

le billet froissé

et l’impression qu’il est déjà l’heure

d’aller se coucher

dans la mort se vautrer

 

laisse place dans ce petit espace

inclus dans l’infini

dont seul quelques modules

caresse le système solaire

 

je suis peut-être le seul sur terre

qui eut aimé garder le cordon

toute ma vie

qui s’achève souvent

comme on loupe un bus

en courant

 

mais je ne cours plus

j’ai jeté ma montre

j’ai quitté mon usine

je traîne sur les trottoirs

et très tard je cherche un pont

où vivre dans mes cauchemars

sous le vent glacial

d’une saison basse

de trop

 

je place mes bras le long de mon corps

et e déteste savoir

quand je suis essoufflé

qu’ils n’y a plus six têtes au-dessus de moi

mais une épée de Damoclès

qui me presse

et me dit

fais des ébats

pour une petite un petit

toi qui est rattrapé

par le frénétique tic tac

du temps perdu

que je ne recherche plus

 

alors oui ce n’est ni drôle ni de rose

mais dîtes-moi est-il utile

de toujours voir le verre à moitié plein

surtout que le mien

est depuis dix ans

complètement vide

et que le temps est une guenille

dont l’univers se moque

 

 


Julien Cauchois – 26 janvier 2014