Alban Ivanov

Publié le 23 janvier 2014 à 16:39

Tranches de vie

Alban Ivanov se veut-il le roi de la métamorphose ? En tout cas, il pourrait largement le prétendre.

Du fic raciste au rappeur foireux et teigneux en passant par le gitan édenté, le mine poético-trash ou le pornographe déprimé, il épluche cette France multi facettes avec une réelle gourmandise. Rôdé au théâtre d’improvisation dès l’âge de 11 ans, il peaufne ses dons de mimétisme durant trois ans sur la scène du Comedy Club sans faire partie de la troupe : « J’ai refusé le tremplin parce que je ne savais pas si j’allais atterrir dans la bonne piscine. Mais Jamel (Debouzze) reste pour moi un grand frère. »

Ce besoin d’indépendance se traduit très vite par un spectacle Alban Ivanov est les autres, et surtout la création en 2010 de sa maison de production Les Studios Dissidents avec son ami et associé  Julien Chauvard. « Cela nous permet de garder un moyen de pres- sion et de nous dire que le pôle artistique ne nous échappe pas. »

Côté grand écran, outre ses nombreuses apparitions dans des séries télé, le cinéaste Jacques Audiard remporte la palme « avec lui, c’est quand il veut où il veut. » Et dans la comédie Alban, rien de tentant ? « Je trouve que la comédie à la française a beaucoup perdu depuis une vingtaine d’années. J’ai l’impression que l’autocensure a pris le dessus.

On est loin du Père Noël est une ordure ou du Dîner de cons. Je me sens plus attiré par les thrillers ou les polars où les scénarios me semblent beaucoup plus forts. »

Reste que son spectacle poursuivra sa route au Théâtre du Gym- nase en février puis dans toute la France, qui sait avec de nouveaux personnages mais pas de politiques dit-il « Ils ne me donnent pas envie de rigoler avec eux. Mais un sketch sur la politique, pourquoi pas! ». 


Par Harry Kampianne