Jean Christophe Siriac

Publié le 27 janvier 2014 à 16:21

Théâtre expérimental : le retour !

Pièce de théâtre interactive, « On ne badine pas avec la mort » invite le public à prendre part à son déroulement et décider de ses différentes issues possibles. En bousculant les codes et les conventions du théâtre classique, elle séduira les amateurs d’expériences théâtrales nouvelles.

« Du titre d’une tragédie, celle d’Alfred de Musset, j’ai fait celui d’une comédie fantastique ». D’emblée, Jean-Christophe Siriac, son auteur et metteur en scène, annonce le ton décalé de son œuvre. Depuis le printemps dernier, elle a déjà remporté un franc succès à la Comédie Nation à l’occasion d’une trentaine de représentations.

La pièce, il est vrai, a tout pour attirer la curiosité du public.

Basée sur une appropriation de la pièce par les spectateurs, elle évoque le procédé du « Living theatre ». Théâtre expérimental des années 60 et 70, il entreprenait de déconstruire le théâtre classique et ses conventions. Il réinventait, en particulier, les liens entre acteurs et spectateurs, invitant ces derniers à monter sur scène et prendre part à la représentation.

C’est avec cette expérience participative que Jean-Christophe Siriac entreprend de renouer. Certes plus sagement: « Il s’agit pour le public de décider de l’une des quatre fns possibles en votant à deux moments clés de la représentation. » L’intrigue de la pièce ? « Morte dans un accident de voiture, Mathilde, devenue spectre, revient sur terre. Elle apprend à son mari qu’elle peut retrouver la vie en confant son  âme à un nouveau corps », résume Jean-Christophe Siriac. La condition ? Ce « corps » devra tomber amoureux de son mari ». Le délai imparti? Trois jours…

« La pièce se veut un jeu sur l’intrigue et le récit. Elle est également une réfexion sur la conséquence que des actes et une décision peuvent avoir sur le déroulement des choses. »

Le but est atteint : « On ne badine avec la mort » fait voler en éclat ce mur de verre instauré par le théâtre classique et qui sépare la scène du public. Et le est public conquis. En témoigne son engouement à se prendre au jeu.

Autre trouvaille : la présence sur scène d’un spectre que voit seul l’un desprotagonistes. Le procédé est souvent employé au cinéma, aussi bien dans les de comédies (« Fantôme avec chauffeur » de Gérard Oury) que le genre fantastique (« Le fantôme de l’opéra »). Il est ici un heureux transfuge du septième Art, habilement transposé au théâtre.

« On ne badine pas avec la mort » pose au fnal sur un ton léger une question a priori toute emprunte de noirceur: une réfexion sur la mort et l’au-delà. Et propose au spectateur d’avancer main dans la main avec les acteurs et le sourire. 

 La pièce de Jean-Christophe Siriac, c’est de l’art dramatique précisément « dé-dramatisé ». On l’a compris, on ne badine pas non plus avecl’humour !

L’auteur :

Jean-Christophe Siriac auteur de six court-métrages et d’un documentaire sur la clochardisation, basé sur les thèses du psychiatre Patrick Declerck. Il s’ouvre ensuite vers le théâtre, en écrivant un seul-en-scène pour la comédienne Mata Gabin, puis crée le système de pièces à choix multiples. Travaillant toujours entre expérience théâtrale et audio-visuelle, il tourne actuellement un documentaire, avec Sonia Rolland, sur le Rwanda.

Les acteurs :

Kim Schwark : comédienne rompue à la comédie, elle est naturellement venue à la rencontre du rôle de la femme-fantôme; 

Matha Gabin : la chanteuse. A la fois actrice et chanteuse, ainsi qu’une habituée de l’expérience du one woman show, ce rôle lui va comme un gant ;

Jean-Marie Damel : le mari de Mathilde. Il n’aura de cesse au cours de la pièce de paraître dépassé par les événements, rôle de comédie dans lequel il excelle ;

Manuel Husson : le médecin. Pédant et imbu de lui-même, c’est un avatar contemporain des médecins des comédies de Molière. Il est servi par un acteur habitué aussi bien au burlesque qu’au classique.

Les représentations :

A partir de novembre 2013, à la Comédie
Contrescarpe, Paris 5ème

Par Olivier Sourd