Annie Laporte

Publié le 27 janvier 2014 à 14:19

Le potentiel artistique insoupçonné de la céramique.

Entre les mains d’Annie, voilà que la  céramique, ce plus ancien des arts du feu  se libère des seules oeuvres classiques.

Comme ils sont beaux ces objets qui ornent l’atelier d’Annie Laporte : vases, bols, plats, tasses et sucriers, pieds de lampe : formes galbées, lignes pures, à la fois simples et élégantes. D’autres possèdent un décor peint de style «année 30», de feurs ou de petits bouquets XVIIIéme ou XIXéme. 

Dans l’univers d’Annie voilà que la céramique, ce plus ancien des arts du feu se libère des seules œuvres classiques. Voilà qu’elle s’ouvre au design et au contemporain et révèle tout son éventail  de possibilité: faux marbre, verres fusing. Quant à ces grands vases en émaux cloisonnées, peints de mul- tiples personnages de tous les pays, ils portent un message : l’amitié entre les peuples; L’un d’entre eux a été exposé au Centre mondial de la paix à Verdun.

Voilà également que le minéral devient vivant : petits animaux, citrouilles aux couleurs et nervures plus vraies que nature. Ou encore cet étonnant moulage de mains reproduisant jusqu’aux moin- dres pores de la peau. Quant à cette im- probable collection de colonnes verté- brales symbolisant la vie et l’énergie, elle
se situe totalement dans l’art abstrait.

Pour cette artiste qui a acquis ses lettres de noblesse en tant que Maître d’art de la Manufacture de Sèvres, la création se révèle sous un nouveau jour, une évolution en perpétuel mouvements.  Après un passage chez Lalique Cristal, un grand nom de la cristallerie d’art, Annie enseigne depuis 18 ans les arts céramique en lycée professionnel, pour l’institut du patrimoine. Aussi et surtout dans son  atelier de Rueil, loin de la rumeur elle laisse libre cours à la création, parfois en partenariat avec des designer pour des galeristes d’art contemporain. Face à ce matériau imprévisible et exigeant qui la passionne, face également à un art millénaire, elle devise avec sagesse « La céramique apprend L’humilité .»

Par Yves Lenfant