Pierre Ducrozet

Publié le 27 janvier 2014 à 15:04

Pierre Ducrozet

Pierre Ducrozet : Un gone faux rêveur ?

Il s’est éloigné de ses origines ancrées sur les berges du Rhône pour jeter l’encre vers les quais de Seine, en lettres « capitale ». 2012 est une nouvelle étape, au gré d’un parcours  entamé voilà dix ans aux portes du monde, dès la sortie de Sciences Po. Hier, c’était Ban- gkok ou Barcelone. Aujourd’hui, c’est Paris et Berlin. Demain, ce sera peut-être Ispahan.

 À 31 ans, Pierre Ducrozet dit appartenir à une génération qui « n’a eu ni rêves, ni perspectives » et qui se penche «sur ce qu’il lui reste, après les rêves ». « J’écris sur ce qui me préoccupe, sur ce que je vis, précise-t-il, mais je préfère traiter des choses qui me tiennent à cœur ».

Requiem pour Lola rouge (Grasset, 2010) met en scène les errances singulières de deux excentriques aux quatre coins du globe. De Lisbonne au Vietnam, les destinations s’enchaînent dans d’étranges climats. Mais on retient surtout que le roman renferme le récit d’une dérive poétique, d’abord à mi-chemin entre imaginaire et réalité avant de basculer vers l’inconnu.

La vie qu’on voulait (Grasset, 2013) apparaît comme un solde de tout compte empreint des désillusions amères qui ternissent les idéaux périmés d’une jeunesse révolue. Ils ont eu 20 ans en 2000 et ils sont cinq, en proie à la rancœur d’une existence gâchée, pour l’avoir imaginée comme un « fabuleux road-movie ».

« En faisant ce livre, je me disais que ma génération était comme les autres, avec des rêves qu’elle voit s’échouer,» observe le jeune écrivain. « Mais en fait non, elle n’est pas comme les autres. »

Pierre Ducrozet se consacre pour l’heure à l’écri- ture d’un roman qui devrait lui prendre deux d’un auteur mexicain et de participer au projet collectif d’une encyclopédie sur Barcelone. Toutefois, s’il reste un voyageur épris de   musique et de cinéma, l’adepte de Kerouac retourne toujours à ses sources nichées là-bas, dans le cœur de Lyon.

Par Alain Baudin